La phyto épuration de notre maison
4 mai 2007 at 1:45 | In 8- Phyto épuration | Leave a Comment1- Description de nos équipements
1.1- Notre maison comporte un wc doublement équipé :
-d’une cuvette conventionnelle à chasse d’eau,
- d’une toilette à compost en sec.
1.2- A l’écart de la maison : un futur gite uniquement équipé d’une toilette à compost en sec.
1.3- Dans le jardin : une toilette en sec dans une cabane en bois.
2- Compostage des matières
La cabane de jardin est placée sur une fosse à compost à deux comportements (sans cloison de séparation). Quand un compartiment est rempli, la cabane est déplacée sur l’autre compartiment. Nous sommes deux occupants réguliers et il faut un an environ pour remplir chaque compartiment. Au bout d’un an la partie de la fosse compostée est vidée et le compost obtenu est utilisé aux pieds des arbres fruitiers du verger.
Les toilettes en sec de la maison et du gîte sont vidées dans la fosse de la cabane.
Les visiteurs (personnes âgées, invités non sensibles à nos choix), peuvent utiliser les toilettes conventionnelles.
Quand à nous, nous les utilisons en cas de maladie.
3- Description de notre installation
D’après la nouvelle loi sur l’eau, les eaux vannes (venant des toilettes de la maison) devront nécessairement passer par une fosse septique toutes eaux.
Depuis 2000 nous expérimentons un système de phyto épuration par lits filtrants plantés de roseaux (phragmites).
L’installation est constituée :
3.1- d’un premier bac de filtration aérobique (ou filtration « horizontale »)
Un bac de 5m2 et de 25cm de profondeur, avec un fond plat à très faible pente (1cm par mètre). Ce bassin est rempli de sable de rivière et planté de phragmites.
Les eaux vannes arrivent dans une cuve de répartition occupant toute la longueur du coté supérieur du bassin. Elle comporte deux compartiments (mais sans cloison). Un système manuel d’inversion permet de faire arriver les effluents dans l’un ou l’autre compartiment. Le fond légèrement incliné de la cuve de répartition communique avec le fond du bac de filtration, sur toute la longueur de son coté le plus haut. L’eau chargée des matières solubles traverse horizontalement le sable du bassin jusqu’à un drain placé le long du coté opposé. Ce drain est relié à l’entrée du puisard du bassin anaérobique.
Pour le moment, le système d’inversion du répartiteur n’a pas été utilisé. Il est prévu de le faire quand la quantité de matières solides atteindra le dessous du tube répartiteur. A ce moment là les eaux seront envoyées dans l’autre section du répartiteur, pendant que les matières solides se composteront dans la cuve. Pour améliorer ce compostage, deux tubes très perforés de 50mm de diamètre, avec prise d’air filtrée à l’extérieur de la cuve, traversent la masse en compostage dans toute sa longueur. Pour augmenter la circulation d’air, le tirage naturel de l’air est augmenté par la présence de deux ventilations hautes aux deux extrémités de la canalisation d’égout. La circulation de l’air se fait par différence de pression entre les deux ventilations.
Quand un compartiment est composté, une trappe latérale sur la cuve de répartition permet de récupérer le compost en vue d’un épandage au verger. Le répartiteur permet de renvoyer à nouveau les eaux vannes dans ce compartiment, et ce cycle se répète indéfiniment.
Ce dispositif permet d’éviter l’épandage, en surface du bac de filtration horizontale, des matières fécales en provenance des toilettes conventionnelles (problèmes d’odeur et d’esthétique).
3.2- d’un deuxième bac filtration anaérobique
Un bac planté de phragmites de 16m2 et de 80cm de profondeur, comportant un puisard central de 2m3 dans lequel se déversent directement les eaux vannes. Ce bac fonctionne en (ou filtration « verticale »), le niveau de l’eau arrivant à 5cm en dessous des dalles couvrant le puisard. Les eaux traversent les parois perforées du puisard pour être filtrées dans le sable qui l’entoure par les phragmites.
3.3- d’un bassin de finition
Dans la masse de sable du deuxième bac, deux drains de 100mm récupèrent les eaux filtrées et les épandent dans la masse de sable du fond de ce deuxième bassin de finition de 16m2 et de 80cm de profondeur, placé dans le prolongement du premier.
Ce bassin comporte une mare centrale plantée de plantes aquatiques : élodée, myriophyllum, nénuphars. Les berges sont plantées de prêle, de joncs et de papyrus.
Naturellement, cette mare a été colonisée par les grenouilles.(voir ausi…)
4- Fonctionnement de la phyto épuration
Pendant les mois d’hiver, de novembre à avril environ (selon la pluviométrie et la chaleur), le trop-plein du bassin est collecté par une canalisation de 40mm vers le verger. Un tuyau d’arrosage permet de répartir l’eau au pied de chaque arbre pour augmenter la réserve hydrique du sol autour des arbres.
Le reste du temps, l’évaporation du bassin et l’évapo-transpiration des phragmites est supérieure à notre consommation d’eau. Par moment nous sommes obligés de rajouter de l’eau pour maintenir le niveau au dessus du seuil critique pour les plantes aquatiques et surtout les poissons rouges.
Un dispositif à flotteur permet une mise à niveau automatique. En période de très forte chaleur et de vent, l’évaporation peut atteindre 4mm par jour, soit près de 130 litres d’eau, alors que notre consommation moyenne journalière est d’environ 50 litres.
5- Détails pratiques
Le sable, les galets des berges, les phragmites et la plupart des plantes aquatiques proviennent du lit du Vidourle, rivière qui traverse notre village.
6- Inconvénients :
1- N’élimine pas les germes pathogènes fécaux avant un an (pas plus que les autres systèmes d’épuration des eaux vannes).
2- Nécessite un entretien des bassins plantés de phragmites (fauchage).
3- Nécessite un entretien du bassin de lagunage (contrôle du développement des plantes aquatiques, curage des boues).
4- Demande un complément d’eau en période chaude (région méditerranéenne) si l’installation est surdimensionnée par rapport au nombre d’occupants, ou si les occupants utilisent des toilettes en sec.
5- Nécessite un terrain avec un léger dénivelé entre chaque bassin.
6- Pour prévenir les risques de noyade de jeunes enfants, entourer le bassin d’une clôture.
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